Jenifer « La musique fait tout oublier «
Zen ! La brune incendiaire de la chanson française est en quête de sérénité. A 25ans , Jenifer fait sa mue. Musicalement, d'abord : son troisième album, le très pop « Lunatique », sorti à l'automne dernier, lui a permis de s'affirmer et de toucher un public différent, qu'elle découvre grâce à sa tournée commencée il y a trois mois. Coté c½ur, c'est plus compliqué. « Attention douleur fraiche », chante-t-elle ... La musique de ce tire a été composée, comme toutes celles du disque par Maxim Nucci, le père de son fils. Mais, depuis l'écriture et l'enregistrement de « Lunatique », le couple s'est séparé. Pour le bien du petit Aaron, 4ans, Jenifer a gardé des rapports complices avec son ancien amoureux, et veille à ne pas céder à la mélancolie. « Le bonheur me va au teint », chante-t-elle aussi.
Avancer, sans jamais s'attarder sur le passe : pour Jenifer, la route vers le succès s'est construite en ligne droite. En six ans, la belle a à son actif trois albums, plusieurs récompenses et des fans de plus en plus nombreux. Les revers de la célébrité ne l'ont pas épargnée non plus. Mais, aujourd'hui plus mure, plus aguerrie, elle entend mieux résister aux rumeurs et, avant tout, protéger son fils. Pour elle, être mère est tout aussi important que sa carrière. Son petit garçon Aaron, a déjà assisté à quelques concerts de sa maman. Car s'il n'est pas question que son trésor rate l'école, Jenifer, qui, lorsqu'elle enfant , adorait écouter sa mère chanteuse d'orchestre, sait combien la chanson peut participer à son épanouissement. Surtout quand le papa, Maxim, est aussi du métier. « Tout le monde traverse des périodes difficiles dans sa vie, confie-t-elle. Mais quand on partage la musique, on oublie tout cela .»
Paris Match : « Depuis mars, vous interprétez en tournée les chansons composées par Maxim Nucci. On sent que c'est douloureux pour vois. »
Jenifer : « Eh oui, parfois les mots me rattrapent... A l'époque de l'enregistrement du disque, la suite n'était pas écrite. Maxim ne partage plus ma vie aujourd'hui. Je pourrais ne pas le citer, ne pas parler de lui, mais il fera toujours partie de moi, de ma vie... J'aime mon disque , j'aime les chansons qu'il m'a composées, j'ai envie de les défendre le plus possible. Parfois , c'est difficile. Moi aussi je suis un être humain, j'ai un c½ur. Mais je me dis que les sentiments liés à une séparation peuvent être compris par les spectateurs. »
Paris Match : « Comment vous organisez-vous avec Aaron, votre fils ? »
Jenifer : « Nous ne nous sommes jamais déchirés, pour son bien. Nous nous organisons en fonction de lui. Pour la tournée , j'ai tout fais pour être le moins possible absente. Je chante généralement le mardi et le mercredi soir, puis le weekend. Il a aussi assisté à quelques concerts. Je voulais lui montrer ce faisait a maman, mais aussi lui faire découvrir la musique de son papa. On parle beaucoup, tous les trois. C'est un petit garçon qui comprend beaucoup de choses... Maintenant, il a 4ans et demi. Nous essayons, son père et moi, de concilier au maximum nos activités professionnelles et notre rôle de parents. »
Paris Match : « Est-ce difficile de partir sur les routes sans votre fils ? »
Jenifer : « Un peu, mais je lui explique. Et je sais qu'il n'est pas seul avec une nounou. Ma mère vient souvent d'Ajaccio, Maxim est bien évidemment présent, c'est un super papa. Quant à moi, quoi qu'il arrive, je l'emmène à l'école et je vais l'y rechercher, peu importe ce que j'ai pu faire la veille, l'heure à laquelle je suis rentrée. Il n'a pas trop senti, en fait, que j'étais sur les routes. Pour ma nouvelle tournée, qui démarrera en octobre, nous adopterons le même rythme. »
Paris Match : « Aurait-il pu vous accompagner ? »
Jenifer : « Quand il était bébé, il était souvent avec moi, nous avions aménagé le bus pour lui. J'avais débauché ma cousine pour qu'elle s'occupe de lui et son papa était là. Mais cette fois, il doit d'abord aller à l'école ! C'est un enfant comme les autres. Il a besoin de repères, surtout en ce moment. »
Paris Match : « Vous sentez-vous proche du monde du show-biz ? »
Jenifer : « Je ne suis pas de ce monde là. Ma tournée, c'est sans paillettes, avec simplicité. J'évite la vie de bohème. J'ai déjà donné. Aaron, par exemple est scolarisé dans une petite école de quartier, je n'ai pas envie qu'il soit montré du doigt parce qu'il est le fils de. Il ne doit pas pâtir de ma célébrité. »
Paris Match : « Et vous, en souffrez-vous ? »
Jenifer : « La plupart des gens sont très respectueux envers moi. Il suffit de lire un article, d'une rumeur, d'une photo pour me détruire. Cela va parfois très vite. En ce moment, je le vis très mal. Alors je pense à mon fils, je veux qu'il soit le plus épanoui possible, je suis toujours une maman solide.
Paris Match : « Est-ce lui qui vous aide à traverser cette période compliquée ? »
Jenifer : « Oui, bien sur. Il est très sensible, lui aussi. Mais je sais que je peux aussi compter sur le public. Et sur Maxim, beaucoup, beaucoup ... Il restera toujours un moteur pour moi. Nous travaillons d'ailleurs ensemble sur un projet futur. »
Paris Match : « En juillet dernier, vous nous aviez confié vos doutes quant à la nouvelle orientation musicale. Neuf mois plus tard, quel bilan en tirez-vous ? »
Jenifer : « J'ai été agréablement surprise par l'accueil du public. « Tourner ma page » est même passé sur des radios qui ne me diffusaient pas jusqu'alors. Je ne savais pas si ceux qui me suivaient depuis mes débuts allaient adhérer. Ils ont été là, d'autres sont venus, et ça, c'est génial. Plus généralement, ce n'est pas facile, car rien n'est jamais acquis. Je souhaitais un changement musical, je n'aurais pas me lancer dans un disque ressemblant aux deux précédents. J'ai donc pris le temps de me consacrer à ce troisième album, ce que je n'avais jamais fais jusqu'alors. »
Paris March : « Vous êtes en tournée depuis quatre mois. Le public est parfois moins nombreux qu'avant . »
Jenifer : « Cela ne m'inquiète pas plus que ça. J'aimerais bien que ça affiche complet partout, mais ce n'est pas principal. L'important est de pouvoir apporter quelque chose aux gens qui sont présents . »
Paris Match : « Quel est votre état d'esprit ? On vous sent fragile . »
Jenifer : « Cela dépends des jours, je ne sais pas trop comment me juger. Parfois, je me sens perdue. Puis je reprends le dessus parce que je n'ai pas envie de décevoir ni les gens qui viennent me voir, ni ma famille. Je désire rester une maman en forme. Je ne veux plus être affectée par les rumeurs, cela me fait trop de mal . »
Paris Match : « A quelle rumeurs faites-vous allusion ? »
Jenifer : « Récemment, on a de nouveau prétendu que j'étais complètement tombée dans la drogue. C'est absolument faux. Que les choses soit claires : je n'ai jamais pris de drogue pendant ma grossesse, ni avant, ni après. Si je tiens à rétablir la vérité, c'est pour mon fils . Quand il sera en âge de comprendre ce genre de choses, je ne veux pas qu'il ait une mauvaise image de moi. On a dit aussi que j'étais anorexique parce que j'avais maigri ! Comme je fais partie du show-biz, forcément, je suis une droguée qui ne pense qu'à mincir. Bravo pour le raccourci ... Tout cela m'a fait mal au bide. Mes parents me connaissent parfaitement. Pour eux aussi, c'est dure à avaler. Certains pourraient croire ces horreurs. Avant d'entrer à la Star AC' je n'étais pas préparée à tout cela. Je voulais juste chanter . »
Paris Match : « Regrettez-vous ces six dernières années ? »
Jenifer : « Non, surtout pas. Les rumeurs me font du mal pendant un mois, puis ça passe. Même quand j'étais avec Maxim, nous avions eu droit à une jolie ribambelle de contrevérités, il valait mieux être deux pour les affronter. »
Paris Match : « On n'est jamais assez fort ? »
Jenifer : « Je ne sais pas. En ce moment, en tout cas, je suis beaucoup plus vulnérable. J'ai vécu beaucoup de choses, même si je n'ai que 25ans. J'ai connu des moments vraiment très difficiles. Ces instants de mon passé ressurgissent parfois. De temps en temps, je m'autodétruis, plus que je m'auto soigne. Voilà ... je suis comme ça. Il y a des jours où je vais être forte, où je vais dépasser le stade de la dépression. Puis il y a des jours où rien ne va plus. Je suis très seule , en réalité. »
Paris Match : « Avez-vous parfois besoin de cette solitude ? »
Jenifer : « Aujourd'hui, c'est évident. Demain, j'aurais forcément besoin d'être entourée. La solitude me faisait peur quand j'étais plus jeune. Je m'aperçois maintenant qu'elle me fait du bien. »
Paris Match : « Vous n'avez pas d'amis ? »
Jenifer : « J'ai des amis sur qui je peux compter certes, mais beaucoup vivent en Corse. Ils sont moins nombreux sur Paris. Et puis, ce sont souvent les mêmes tourments qui reviennent. On m'avait déjà prévenue ... J'ai tendance à me restreindre dans ma vie, alors qu'il n'y a pas lieu d'être . »
Paris Match : « Avez-vous pensé à consulter un thérapeute ? »
Jenifer : « On me l'a déjà conseillé, mais je ne suis sans doute pas prête! Je ne suis pas si j'arriverais à parler à quelqu'un. Il y a des choses que je n'ai pas envie de développer. A une époque de ma vie, j'ai fait des promesses à certaines personnes. Je ne veux pas les trahir. »
Paris Match : « Il va bien falloir vous sortir de cette situation ? »
Jenifer : « J'ai la niaque , j'aime la musique. C'est la principal, même s'il y a des hauts et des bas. Je crois que je suis plus lunatique qu'on ne l'imagine. Je peux être entourée de plein de gens, et être seule dans ma bulle. Je m'ennuie vite, également. Je n'arrive pas à me contenter de ce qui existe, j'ai toujours besoin d'activité.
Paris Match : « Comment voyez-vous le futur ? »
Jenifer : « J'y pense, mais je ne sais pas ce que cela va donner. J'aimerais bien enregistrer un album de jazz, mais je n'en serais pas capable. Cela déstabiliserait mon public. »
Paris Match : « Encore une barrière que vous vous imposez! »
Jenifer : « Personne ne s'attends à ce que je chante du jazz. Peut-être que je me freine trop, c'est vrai. Il y a derrière moi toute une équipe qu'il faudra convaincre. Il faut aussi prendre le risque de ce planter.
Paris Match : « Quels rapports entretenez-vous avec vos parents ? »
Jenifer : « Nous discutons beaucoup, nous avons une vraie complicité, mais nous n'allons pas au fond des choses. Ils ont confiance en moi, ils savent que je suis honnête, que je n'ai pas changé, je suis juste moins inconsciente. Je sens bien qu'ils s'inquiètent parfois, mais j'ai le droit de faire des erreurs et de regretter certaines choses. Cela permet d'avancer. »
Paris Match : « Faites-vous allusion à votre relation avec le chanteur Pascal Obispo ? »
Jenifer : « Je préfère ne pas m'étendre sur cette histoire. Pour moi, c'est compliqué. »
Paris Match : « Vous sentez-vous jolie ? »
Jenifer : « Je ne me sens pas laide, même si je n'aime pas trop me regarder dans les miroirs. Je me prépare toujours très vite. J'adore la mode, les tissus, les fripes, les fringues en général. C'est un truc de petite fille que je n'ai pas perdu...
Paris Match : « Quel est votre plus gros défaut ? »
Jenifer : « Mon manque de concentration. Ceux qui me connaissent vraiment m'excusent. Mais bon, il va falloir que je travaille là-dessus! »
Paris Match : « Et votre meilleure qualité ? »
Jenifer : « Je suis entière. Je ne fais pas les choses à moitié, dans tous les sens de l'expression. »